Le tribunal n°2 de la ville de Kostanaï (située dans le nord-ouest du Kazakhstan) a condamné à deux ans de prison ferme une habitante locale, Youlia Khon, pour avoir insulté les Kazakhs sur le réseau social TikTok, rapporte Tobolinfo.
La citoyenne kazakhe a été reconnue coupable en vertu de la partie 1 de l’article 174 du Code pénal de la République du Kazakhstan (« Incitation à la haine sociale, nationale, clanique, raciale, de classe ou religieuse »). Elle purgera sa peine dans une prison de sécurité minimale.
Le tribunal a établi qu’au début du mois de novembre 2024, vers 03h45 heure locale, la femme, en état d’ébriété, s’est connectée à TikTok, et a procédé à une diffusion en direct depuis son compte. Au cours de cette diffusion, lors d’une discussion sur le conflit armé entre la Russie et l’Ukraine, elle a tenu des propos grossiers et insultants envers ses interlocuteurs sur la base de leur origine nationale, ce qui, selon l’évaluation du tribunal, constitue des actes incitant à la haine nationale.
La juge Olga Kouznetsova a noté que la culpabilité de l’accusée était confirmée par l’enregistrement du direct, les résultats d’expertises et les témoignages. Youlia Khon a été écrouée à l’issue de l’audience. Elle devra également payer 826 000 tengués (environ 1 400 €) de frais de procédure.
Le communiqué indique que les circonstances atténuantes retenues dans l’affaire sont le fait que l’accusée a à sa charge un fils ayant perdu la vue après un accident de la route. Il est également précisé que Khon n’avait pas auparavant fait l’objet de poursuites pénales.
L’avocat de l’accusée, Valeri Li, a déclaré lors de l’audience que, lors de cette diffusion en direct, sa cliente avait également été humiliée, et qu’elle n’avait pas insulté toute une nation, mais une personne spécifique. Il a indiqué que la défense ferait appel de la décision du tribunal.
Au Kazakhstan, des condamnations pour incitation à la haine en raison de propos tenus par des citoyens sur les réseaux sociaux sont régulièrement prononcées. En 2023, une habitante d’Astana, Natalia Sviridenko (Merkoulova), a été condamnée à quatre ans d’emprisonnement pour avoir, lors d’un live sur TikTok, insulté des Kazakhs et les avoir appelés à « s’entretuer ».
En 2024, une habitante d’Almaty, qui avait insulté sur TikTok les Russes et les Kazakhs pour avoir participé à la Deuxième guerre mondiale, et avait qualifié le politicien allemand Adolf Hitler de « beau gosse », a été condamnée à deux ans de prison ferme.
Enfin, en 2025, un tribunal de Karaganda a condamné une entrepreneure de 23 ans, Alika Moukhamadieva, à trois ans et demi d’emprisonnement pour des propos insultants envers les musulmans et les Kazakhs. L’enquête avait été déclenchée par des publications de la femme sur le réseau social Threads, où à la question « Qu’est-ce qui fait la célébrité du Kazakhstan ? », elle avait répondu « les mambets [terme injurieux désignant les provinciaux d’Asie centrale] ». Dans d’autres publications, Mme Moukhamadieva avait qualifié les musulmans de « porcs » et la langue kazakhe de « dialecte semi-kalbit [terme injurieux désignant les peuples d’Asie centrale] ». Suite au tollé provoqué par ses propos, Mme Moukhamadieva avait tenté de fuir le pays, mais a été arrêtée.


