Le ministère de l’Intérieur de l’Ouzbékistan a rendu publique des informations concernant l’affaire visant des employés de la rédaction du site Taftish.uz, qui, selon l’enquête, piégeaient des hommes d’affaires et extorquaient de l’argent en échange de retrait de publications. L’information est rapportée par le site UzNews.uz, qui cite le ministère de l’Intérieur.
Comme l’a précisé le ministère, un groupe criminel organisé composé de quatre personnes utilisait des attaques informationnelles et des slogans populistes sur la « défense des droits du peuple » dans le seul but de s’enrichir personnellement. Toutes les personnes impliquées dans cette affaire sont actuellement en détention provisoire. Elles font l’objet de poursuites pour infraction aux articles 139 (« Diffamation »), 168 (« Escroquerie »), 165 (« Extorsion ») et 244-6 (« Diffusion de fausses informations ») du Code pénal de la république.
Selon les éléments de l’enquête, le chef du groupe est Gayrat Aberaev, un ressortissant de la région de Boukhara âgé de 37 ans. M. Aberaev a déjà été condamné à plusieurs reprises pour escroquerie, corruption et détournement de fonds. En 2016, il a été condamné à 9 ans et demi de prison ferme, mais dès 2020, il a pu bénéficier d’une libération conditionnelle anticipée.
Malgré l’interdiction d’exercer une activité de blogueur, M. Aberaev a créé un compte sur les réseaux sociaux au nom de son frère, et a publié des document compromettants contre des hommes d’affaires dans le but de les faire chanter par la suite.
Dans cette affaire, il s’est trouvé plusieurs complices, dont Azizjon Yuldashev, qui se présentait comme un militant des droits civiques. En réalité, selon les forces de l’ordre, le blogueur filmait des contenus provocateurs visant à nuire à la réputation commerciale d’entreprises spécifiques. Parmi elles figurent le centre commercial « Chilanzar », les sociétés de construction Parkent Development (Tachkent) et Uzbegim Uylari (Samarcande), ainsi que des entrepreneurs privés du district de Chust dans la province de Namangan.
Dilshod Nishonov, invalide de 2e catégorie, s’est vu attribuer le rôle de provocateur par le chef du groupe. En profitant de son statut physique, il faisait preuve d’agressivité envers les fonctionnaires et les forces de l’ordre, et comptait sur son handicap pour le protéger de représailles et susciter la pitié du public. Tout en critiquant les autorités, M. Nishonov bénéficiait activement d’aides sociales. Notamment, son appartement a été rénové aux frais de l’État, et un nouveau logement lui a été attribué dans le district de Yangihayot de la capitale.
La plus jeune membre du groupe, Marjona Eshkuvatova, âgée de 19 ans, jouait le rôle de correspondante pour Taftish.uz. Sa tâche consistait à exécuter une commande contre un concurrent commercial. Ensuite, le chef du groupe criminel contactait l’entrepreneur et extorquait de l’argent en échange de la suppression des documents compromettants.
Le ministère de l’Intérieur a précisé que les membres du groupe exigeaient des sommes entre 4 millions et 16 millions de soums (290-1150 €). Pour blanchir les fonds, la rédaction établissait de faux contrats de publicité sur son site web.



