Le Conseil d’administration de la Banque mondiale (BM) a approuvé le programme « Développement du marché de l’électricité et intégration des systèmes énergétiques en Asie centrale » (REMIT). Pour la mise en œuvre du projet, plus d’un milliard de dollars devrait être alloué aux pays de la région sur une période de 10 ans, d’après le communiqué de presse publié sur le site de l’institution financière internationale.
Ce programme à long terme vise à créer le premier marché de l’électricité en Asie centrale, à développer le commerce régional, à augmenter la capacité de transmission des systèmes électriques et à poser les bases d’une intégration à grande échelle des sources d’énergie dans les systèmes des différents pays.
La mise en œuvre du projet est divisée en trois phases. Dans le cadre de la première phase, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan, ainsi que le centre de coordination et de répartition régional, recevront des subventions et un financement préférentiel d’un montant de 143,2 millions de dollars US. La majeure partie de ces fonds sera fournie grâce aux ressources de l’Association internationale de développement de la BM, et 3,2 millions de dollars supplémentaires proviendront du fonds du Programme eau-énergie pour l’Asie centrale (un fonds géré par la BM en partenariat avec l’Union européenne, la Suisse et le Royaume-Uni).
Comme le souligne le communiqué de presse de la banque, la demande en électricité en Asie centrale augmente et pourrait tripler d’ici 2050. Mais, malgré un potentiel important pour améliorer la sécurité et l’accessibilité énergétiques, le commerce des ressources reste limité et ne représente que 3 % de la demande totale en électricité. De plus, les énergies renouvelables ne représentent qu’environ 4 % de la production totale.
Le programme REMIT vise à exploiter les ressources complémentaires, notamment l’hydroélectricité au Kirghizistan et au Tadjikistan, les centrales thermiques au Kazakhstan, au Turkménistan et en Ouzbékistan, ainsi que le potentiel solaire et éolien dans tous les pays de la région. On s’attend à ce que, au cours de la prochaine décennie, le volume des échanges d’électricité augmente pour atteindre 15 000 GWh par an, ce qui est suffisant pour répondre aux besoins de millions de personnes.
Selon les estimations des experts, dès la première phase de mise en œuvre du programme, l’intégration d’environ 900 MW de nouvelles capacités dans les réseaux électriques sera assurée, permettant de mobiliser environ 700 millions de dollars d’investissements privés.
Le volume total estimé du financement de REMIT devrait s’élèver à 1,018 milliard de dollars. Ces investissements contribueront notamment à créer de nouveaux emplois, tant dans le secteur de la construction d’infrastructures énergétiques que pour des spécialistes hautement qualifiés dans la gestion du marché des ressources.
Comme l’a souligné le directeur de la BM pour l’Asie centrale, Nadji Benhassine, d’ici 2050, une intégration énergétique plus étroite et le développement du commerce de l’électricité pourraient apporter jusqu’à 15 milliards de dollars d’avantages économiques à la région.