Le Kazakhstan décide de livrer à la Russie l’activiste tchétchène Mansour Movlaïev

Mansour Movlaïev. Capture d’écran vidéo.

Le parquet général du Kazakhstan a approuvé l’extradition vers la Russie de l’activiste tchétchène Mansour Movlaïev. Cette décision a été relayée par l’avocat Murat Adam sur les réseaux sociaux. M. Adam représente les intérêts du militant, mais a récemment été privé de sa licence d’avocat en raison de ses déclarations lors des audiences du procès de la rédactrice en chef d’ORDA.kz, Gulnara Bajkenova.

« Aujourd’hui, nous avons reçu une mauvaise nouvelle du bureau du procureur général du Kazakhstan, qui a décidé d’accéder à la demande d’extradition du bureau du procureur général de la Fédération de Russie concernant la remise de l’opposant et militant tchétchène Mansour Movlaïev », a écrit l’avocat.

Fin décembre dernier, les autorités kazakhes ont refusé d’accorder le statut de réfugié à M. Movlaïev. Cette décision fait actuellement l’objet d’un recours devant les tribunaux, les audiences préliminaires étant prévues pour le 11 février.

M. Movlaïev se trouve actuellement en détention provisoire à Almaty.

Le groupe de soutien à l’activiste sur Instagram a publié une copie du document reçu du parquet général du Kazakhstan. Il en ressort que M. Movlaïev doit être extradé vers la Russie dans les 30 jours suivant l’entrée en vigueur de la décision d’extradition. Les défenseurs des droits de l’homme soulignent que cette décision est illégale, car l’activiste « fait l’objet d’une procédure judiciaire pour obtenir l’asile » et notent qu’en Russie, il « se fera certainement tuer ».

Mansour Movlaïev est connu pour ses critiques virulentes à l’égard du chef de la Tchétchénie Ramzan Kadyrov et ses prises de position contre les violations des droits humains et les répressions politiques dans la république du caucase nord. En 2020, le militant avait été condamné à trois ans de prison ferme pour infraction à l’article 228 du Code pénal de la Fédération de Russie (qui prévoit des sanctions pour trafic illicite de stupéfiants). Selon les opposants tchétchènes, l’affaire avait été montée de toutes pièces.

En 2022, M. Movlaïev a été mis en liberté conditionnelle, mais il a été enlevé peu après et emmené dans l’un des commissariats de police de Tchétchénie. Le prisonnier a réussi à s’échapper et à se rendre au Kirghizistan sans papiers, après quoi la Russie l’a placé sous le coup d’un mandat d’arrêt fédéral pour financement de l’extrémisme.

Au Kirghizistan, M. Movlaïev a purgé une peine de prison pour avoir franchi de manière illégale la frontière. Il a été décidé de l’expulser du pays, mais il a réussi à partir de lui-même.

En mai 2025, l’activiste a été arrêté au Kazakhstan à la demande de la Russie. Initialement emprisonné pour 40 jours, sa durée de sa détention a par la suite été prolongée à plusieurs reprises.