Le Kazakhstan a décidé d’extrader vers la Russie une ancienne collaboratrice de l’équipe Navalny

Yulia Emelyanova. Photo des réseaux sociaux.

Le Kazakhstan a l’intention d’extrader vers la Russie la militante politique Yulia Emelyanova. Cette décision a été relayée par l’avocat Murat Adam sur les réseaux sociaux.

« Nous avons appris aujourd’hui même la décision du parquet général du Kazakhstan d’extrader une autre militante russe, Yulia Emelianova. Nous préparons d’urgence un recours devant la Cour suprême », a écrit M. Adam sur son compte Facebook.

M. Adam représente les intérêts de la militante, mais a récemment été privé de sa licence d’avocat en raison de ses déclarations lors du procès de la rédactrice en chef d’ORDA.kz, Gulnara Bajkenova.

Mme Emelianova est une ancienne employée du quartier général de l’opposant russe Alexei Navalny à Saint-Pétersbourg. En Russie, une procédure pénale a été engagée contre elle en 2021 pour vol. Selon l’enquête, la militante aurait volé le téléphone d’un chauffeur de taxi à Saint-Pétersbourg. Mme Emelianova a nié toute culpabilité et a déclaré que l’affaire avait été montée de toutes pièces. Lorsque l’affaire a été portée devant les tribunaux, la militante a quitté le pays.

Le 31 août dernier, elle a été arrêtée à l’aéroport d’Almaty. Mme Emelianova voyageait de la Géorgie vers le Vietnam, et se trouvait en transit au Kazakhstan. L’opposante a été arrêtée au motif qu’elle était recherchée par la Russie dans le cadre d’un mandat d’arrêt international. Elle se trouve actuellement dans un centre de détention provisoire à Almaty.

On sait que Mme Emelianova a demandé l’asile politique au Kazakhstan, mais l’examen de cette demande n’est pas encore terminé.

Il y a moins de deux semaines, le parquet général du Kazakhstan a approuvé l’extradition vers la Russie de l’activiste tchétchène Mansour Movlaïev, à qui le statut de réfugié avait été refusé. Début février, Alexandre Katchkourkine, un développeur informatique de 25 ans, a été expulsé du Kazakhstan vers la Russie. À son arrivée, il a été arrêté dans l’avion et placé en détention dans le cadre d’une affaire pénale pour trahison. Le 5 février, le tribunal d’Astana a refusé d’accorder le statut de réfugié au militaire russe Evgueni Korobov. Lorsque cette décision entrera en vigueur, Korobov sera tenu de quitter le Kazakhstan dans un délai de 30 jours. En cas d’expulsion vers la Russie, il risque jusqu’à 15 ans de prison pour désertion.