Un militant kazakh arrêté pour avoir appelé au boycott du référendum constitutionnel

Orazaly Erjanov. Photo des réseaux sociaux.

À Almaty, Orazaly Erjanov, membre du conseil d’administration de Transparency International Kazakhstan, a été arrêté pour des publications sur les réseaux sociaux, notamment des appels à boycotter le référendum sur la nouvelle Constitution. Cette arrestation a été rapportée par Vlast.kz, qui cite le département de police de la ville.

Les publications ayant attiré l’attention de la police contenaient « des informations ne correspondant pas à la réalité, des appels au boycott du référendum et d’autres éléments induisant les citoyens en erreur en utilisant des numéros de contact enregistrés sous une juridiction étrangère », indique le communiqué.

« Une affaire pénale a été ouverte pour entrave à l’exercice des droits électoraux », a ajouté la police.

Parallèlement, comme le rapporte le journaliste Vadim Boreïko, le tribunal d’enquête d’Almaty a déjà placé Orazaly Erjanov en détention pour 10 jours. L’épouse d’Erjanov, Aïda, en a informé le journaliste. Le militant restera en détention jusqu’au 5 mars, « en attendant que des accusations soient formulées ». « Pour l’instant, aucune accusation n’a été formulée contre Erjanov, pas plus qu’une qualification d’infraction pénale », a précisé M. Boreïko.

Il a noté que les publications sur Facebook concernant la nouvelle Constitution et le référendum à venir, qui pourraient être liées à l’arrestation d’Erjanov, ont actuellement disparu de son compte.

Orazaly Erjanov est le directeur du fonds public pour la restitution des actifs illicitement transférés, Elge Qaitaru. À la fin des années 1990, il a occupé les postes de vice-président de la Banque nationale de la République du Kazakhstan et de vice-ministre des Finances.

La Constitution du Kazakhstan est modifiée dans le cadre de la réforme proposée par le président Kassym-Jomart Tokaïev. Le 11 février, le projet final de la loi fondamentale révisée lui a été présenté. Celui-ci modifie la grande majorité des articles. Un référendum se tiendra dans le pays le 15 mars, où il sera demandé aux citoyens kazakhs s’ils acceptent la nouvelle Constitution.

Orazaly Erjanov n’est pas le seul à avoir récemment subi des conséquences pour des publications sur la nouvelle Constitution et le référendum à venir. Début février, un tribunal d’Astana a placé en détention pour deux mois le militant Yermek Narymbaï, qui avait publié sur les réseaux sociaux son opinion sur la réforme constitutionnelle. Comme l’a expliqué son avocat, le tribunal avait précédemment interdit à Narymbaï de « s’engager dans des questions publiques, politiques et socio-économiques », mais celui-ci avait enfreint cette interdiction, ce qui a conduit à son arrestation.